04 - Jeudi 25 avril 2013 – Ivresses à Hurtebise

2013

Je me dis que j’ai fini par partir ailleurs, que j’ai pu être enfin qui j’étais mais que je n’ai toujours pas trouvé le bonheur ni compris à quoi je sers… Mais c’est ivre du vent et de liberté que je rentre à Hurtebise où règne un silence solennel. J’ouvre le bahut du salon et en sors une bouteille de cette eau de prune que mon grand-père achetait au bouilleur de crue local chaque année sans que grand monde y touche. D’ailleurs la cave regorge de bouteilles, on doit avoir un stock qui couvrira les cinq prochaines générations, au moins ! Je m’en verse un verre et l’avale cul sec. Ce truc me siphonne l’œsophage et je me dis que si j’avais des bactéries avec des velléités de propagation, c’est clair elles sont réduites à néant ! Je ne me souvenais pas que ce truc arrachait autant… Je récidive et m’en ressers un autre, à quoi ça sert de vivre si ce n’est en prenant des risques ?

En repassant devant le buffet en chêne je vois mon reflet dans le miroir, m’y attarde, et me fixe droit dans les yeux comme si je m’attendais à lire dans mon propre regard l’indicible secret qui me hanterait… Tant absorbée par mon propre reflet, je ne vois pas arriver Clara. Cette fille doit avoir été chatte dans une vie antérieure…
Elle se campe dans mon dos et son hybride à la main capture ce moment de face à face avec moi-même, de face à face avec mon passé. Si la télé pouvait se permettre des prodiges, au montage, je remplacerais mon reflet par celui de mon visage d’il y a 20 ans… Mon regard vert de gris n’a pas changé, mes cheveux sont toujours aussi sombres et aussi courts, quelques rides d’expression se sont accentuées, mon sourire toujours aussi discret… J’en suis à ces considérations, me disant que j’ai raté ma vocation de réalisatrice de cinéma quand sa voix me parvient enfin. Ce n’est visiblement pas la première fois qu’elle retentit mais c’est la première fois que je la perçois. Ca m’arrive assez souvent, ça…

- Gaëlle…

Je me retourne et fixe cette journaliste plus que persévérante avec tendresse, car je lui concède un mérite fou. Elle claque l’argent de boite de production pour son équipe et si elle ne ramène pas un sujet potable, elle saute. Je le sais. Je connais la règle du jeu. Il en va de même pour mes chroniques. Je ne peux pas me permettre de m’écouter au point de lui refuser toute confession… Il n’est déjà même pas sûr que mes amies se plieront au jeu.

 - C’est bizarre cette appréhension qui monte à mesure que l’instant approche… Je n’arrive pas à qualifier ce mélange de peur et d’euphorie à la fois… ! 

- De quoi as-tu peur ?

- J’ai envie de les revoir mais tellement peur de la déception…

- De quel genre de déception as-tu peur ?

Elle me cadre très serré, j’imagine, pour ne pas filmer son propre reflet et ça ne me laisse aucun espoir de parvenir à cacher toutes ces micros mimiques qui trahiront mes sentiments et mes émotions.

- Peur qu’on se soit tant éloignées les unes des autres qu’on n’ait plus rien à partager… peur que…

Mon regard fuit, pour échapper à l’œil fixe de ce « Big Brother », je sens qu’il va s’embuer, mais il me faut continuer, c’est pour la bonne cause, je le sais… J’y ai réfléchi depuis longtemps. L’enjeu est grand, bien plus que ne l’imaginent mes amies et même Clara. 

- Certaines… pour ne pas dire toutes… ne savent pas que… que je suis lesbienne… c’est un énième coming-out… mais celui-là est particulièrement dur… c’est celui envers la période de ma vie où la prise de conscience était là… Tu comprends… ?

Clara avait décollé son regard de l’écran, pour me regarder « en direct » et je sens bien qu’elle comprend… Son air est grave mais se veut rassurant.

- Ce sont tes amies, elles ne peuvent que bien accepter…

Cette naïveté devrait m’attendrir mais elle renvoie à trop de mauvais souvenirs, trop de lourd vécu de ces derniers mois et je réponds certainement bien plus virulemment que je le voudrais. A son regard, j’imagine que le mien ne doit pas être bon…

- Tu crois ça… ?! Et qu’est-ce que t’en saurais toi, d’abord ?! Tu sais ce que c’est devoir se justifier aux autres de son orientation sexuelle ?! Tu sais ce que c’est d’être obligé « d’avouer » comme s’il s’agissait d’un crime, son homosexualité ?! Tu imagines la condescendance de certains à dire qu’ils tolèrent ton homosexualité ?! Le regard qu’ils portent sur toi comme des âmes charitables qui recueilleraient un lépreux parce qu’ils continuent à tolérer que tu vives ! Tu sais ce qu’ont été ces derniers mois ? As-tu idée de ce qu’on subit chaque jour depuis des mois en allumant la télé en voyant les Unes des journaux en entendant les gens parler, en croisant la famille tradi avec ses pulls roses et bleus, en voyant leurs drapeaux, leurs affiches ?! 

 

Manif pour tous

 

Je lui demande si elle connait ce frisson de dégoût qui me parcourt quand j’entends parler de « ces gens là » ?! Si elle sait le mal que ça fait de lire « crève PD » sur un mur ?! Si elle a déjà imaginé l’impression que je ressens quand je vois une dépêche tomber sur la torture qu’a subi un pédé avant de mourir dans une ville de province, sans qu’aucun journal national n’en parle… ?! Je lui demande si elle comprend la peur que je peux avoir parfois le soir en sortant d’une boite de filles ou d’un bar avec une fille que je ramène chez moi ?

- Tu ne sais rien de tout ça… Alors, me dis pas que j’ai rien à craindre… ! Parce que si putain, j’ai à craindre ! Au fond, je sais pas si dans ces filles-là, il n’ y en a pas une qui a manifesté le 13 janvier au milieu de tous ces gens qui ne voulaient pas que je sois leur égale au motif que je suis lesbienne ! Et c’est tous les jours de ma vie que je suis sous les regards et les jugements encore bien plus qu’aujourd’hui sous l’œil de ta caméra !

La boule qui m’obturait la gorge a fini par exploser et mes derniers mots sont écorchés par le cactus qui a poussé dans ma trachée. Les larmes de Clara roulent sur ses joues et sa voix n’a jamais été aussi douce.

- Non… non je ne sais pas… Mais je peux imaginer…

La camera doit être arrêtée maintenant et Clara s’en débarrasse pour me prendre affectueusement dans ses bras où je pleure comme il y a longtemps que je ne l’ai pas fait. Je pleure à chaudes larmes tout ce chagrin accumulé depuis le mois de janvier, ce mois violent où des milliers de gens se sont senti autorisés à nous mépriser ou nous détester au grand jour. Mon chagrin plonge Clara dans un grand désarroi. Elle me serre contre elle avec beaucoup de générosité et de douceur, cela m’apaise. Je ne m’étais pas encore autorisée à pleurer depuis cette déferlante de haine, ce poison intégriste et homophobe déclenchés par le seul projet de loi visant l’égalité de tous au regard de la conjugalité. A mesure que je me calme, je sens la tendresse de Clara m’envahir, ses mains s’égarent sur mon dos et mes épaules et je me dis que mes soupçons quant à l’attirance que doit ressentir Clara ne sont pas infondés.

Je m’écarte d’elle doucement, sans la brusquer, je vois son visage bouleversé et je sens son regard qui me suit jusqu’au canapé où je m’assois, l’invitant à me retrouver. Depuis que j’ai rencontré Clara, par le biais d’un pote commun, je sens que quelque chose en moi l’attire et ce malgré son hétérosexualité de fait, son mariage et sa récente maternité. Tous les moments que l’on a passés ensemble ont été propices à des échanges très complices et de plus en plus ambigus, un jeu de séduction savamment orchestré. De mon côté, je dois bien avouer qu’elle ne me laisse pas insensible non plus, mais je sais d’expérience que les plans avec une hétéro sont rarement une bonne idée… Mon cœur en porte quelques belles cicatrices auxquelles je ne tiens pas à ajouter de petites sœurs !

Clara me rejoint sur le canapé et elle se colle à moi, malgré toute la place qui lui restait pour prendre ses aises. J’entoure ses épaules de mon bras et la regarde avec attention. Ses faux airs ingénus m’attirent sans nul doute et je caresse négligemment son « détroit d’Almásy » (si tu n’as pas vu le Patient Anglais tu vas pouvoir t’imaginer beaucoup de choses !), avec la douceur d’un archéologue paré à dépoussiérer de vieux trésors enfouis… Clara ne me repousse pas… au contraire… Son souffle est court. Avec douceur je caresse les clavicules saillantes de cette jolie jeune femme dont le regard est embrumé. Il y a des jours que l’on se cherche… Des jours que son coté « goudou refoulée » à l’image « d’hétéro bien sous tous rapports » m’attire.

Des jours que je sens son regard sur moi. Des jours que je me suis dit que de cette chasse, je ne serai que le gibier. Gibier, traqué par un chasseur inexpérimenté certes, mais motivé… Il me serait si aisé de prendre les armes à mon tour et de la traquer, mais quel plaisir a-t-on à chasser un animal déjà apprivoisé et ayant renoncé à toute défense ? Je préfère me garder ce rôle, si elle doit plonger dans l’adultère, qu’elle le fasse en toute conscience et non par paresse ou par abandon… Non, non, non et non !  Ce n’est vraiment pas le moment ! Me ressaisissant, je cesse mes caresses sur la gorge de Clara et me lève d’un bond.

- Excuse-moi… Je ne sais pas ce qui m’a pris… Je vais aller me coucher… Douce nuit Clara…

Sans le moindre regard vers elle, que je devine frustrée par cette amorce non conclue, je pars en trombe et gagne le premier étage pour retrouver ma chambre. Cette chambre est plutôt celle de mes parents dans mes souvenirs, moi j’ai toujours préféré me nicher au dernier étage, seule. Cette chambre-là a un côté anglais, très romantique, avec son papier à petites roses, son haut lit en chêne et son imposante armoire à glace baroque. 
Je n’aurais pas pu compter plus loin que trois quand on frappe doucement à la porte. Avec un petit sourire que je devine espiègle, je me dis que décidemment je suis plutôt en phase avec la psychologie féminine… J’aurais parié le dernier Despentes qu’elle allait monter en quête de plus, d’un mot, d’un geste… J’efface toute trace de ce sourire et ouvre.

Clara me fait face, visiblement bouleversée. Je la laisse entrer même si je sens le souffle froid du danger entrer avec elle. Cette femme en proie à ses démons intérieurs me trouble de plus en plus. Elle se tord les mains nerveusement avant de se frotter la nuque avec anxiété. Elle cherche des mots qui ne viennent pas, me regarde et puis fuit mon regard. Je la regarde intensément en proie à un impérieux désir qui m’inviterait bien à la renverser sur le lit; mais non, je ne dois pas ! Je la fixe longuement avant de parler.

- Je crois qu’il serait plus sage que tu regagnes ta chambre, Clara… 

Comme elle ne bouge pas, je la chasse délicatement et referme la porte sur elle. Oh, putain… ce que cette femme me plait ! Pourquoi ai-je tant de scrupules à la mettre dans mon lit ?! D’habitude, le Valmont qui sommeille en moi a beaucoup moins d’états d’âme, cette Clara ne va donc pas se révéler Madame de Tourvel… (bon là si t’as pas lu Les Liaisons Dangereuses, cours à la librairie ou si tu as la flemme, mate le film de Frears !) !
Je me déshabille avec violence, jetant mes fringues par terre puis me couche nue dans ces draps froids dont j’attends qu’ils refrènent mes ardeurs… sans trop de succès. Mon ventre est rongé par le désir et la frustration.

L’envie de monter rejoindre Clara dans sa chambre est plus que forte. Comment a-t-elle pu interpréter que je la chasse ? J’espère qu’elle comprend mes scrupules, qu’elle ne croit pas qu’elle me déplait. J’espère ne pas l’avoir froissée. Je ne pense pas trop longtemps car le désir est trop fort et je dois soulager mon corps de ce mal qui me ronge… Ma main vient à peine de glisser le long de mon ventre dans cet objectif précis et indomptable que j’entends encore frapper à ma porte. J’allume ma lampe de chevet et remonte mon drap et ma couverture sur ma nudité. 

- Oui… ?

La porte s’ouvre à nouveau sur Clara, dont le visage semble on ne peut plus troublé. Je devine à sa tenue qu’elle a dû commencer à se déshabiller puis se raviser et décider de revenir. Elle entre dans ma chambre, referme la porte et vient vers mon lit sans un mot, le regard baissé. Je la regarde ouvrir le lit du côté que j’ai laissé vide et s’y étendre. Mon corps est parcouru de milliers de frissons alors qu’elle se colle contre moi, me scrutant avec gravité.

- Ne me protège pas de toi, Gaëlle… je suis assez grande pour me protéger seule… Si je suis là ce soir, c’est que j’en ai envie… et depuis trop longtemps… j’ai pas envie de penser à demain, juste à là, maintenant, avec toi…

Il ne m’en faut pas plus pour succomber : de son visage grave à son regard troublé, je chavire… Sa bouche vient d’épouser la mienne et je me laisse embrasser avec langueur, à mesure qu’un feu flamboyant embrase mon corps. Notre premier baiser est passionné, orchestré par un violent désir qui nous soude illico l’une à l’autre. Son ventre est comme un aimant pour le mien et j’ondule à mesure qu’elle ondule dans un rythme primitif et tribal.

Quand ma bouche quitte ses lèvres pour glisser sur sa gorge, Clara est maintenant haletante. D’une main je caresse le contour de sa bouche alors que de l’autre, j’ouvre cette chemise qui me prive du délice de voir ces seins que, sous le tissu, je devine tendus par le désir. Clara soupire quand je dénude enfin son buste délicieux pour m’emparer fougueusement, d’une bouche gourmande et avide, de ses seins. Entre deux soupirs, je lui dis qu’elle est belle, sa peau laiteuse m’enivre.
A ce contact, elle pousse une petite plainte qu’elle n’a pas le temps d’étouffer dans l’oreiller. Je ne lui laisse aucun répit et vais droit au but, d’une langue aimantée à ses seins que je sens à ma cause acquise.
Le désir monte à en être intolérable, je sens mes entrailles se tordre minute après minute alors que le corps de Clara se soumet à mes caresses. Ma main droite glisse maintenant le long de son ventre encore arrondi d’une grossesse récente, afin de se faufiler dans son jean et sa culotte, à la découverte de cette toison d’or que je vais conquérir sans nul besoin de l’aide des argonautes… Clara gémit un « ohhhhh » de soulagement, de surprise et de satisfaction, j’imagine… Avec douceur, je prends possession de cette intimité accueillante à souhait, vais à la découverte de ce jardin inconnu, à tâtons, tout en douceur, émue et troublée que je suis par cette rencontre bouleversante de sensualité. Le souffle de Clara est de plus en plus court, sa langue se délie, elle murmure des mots qui sont tour à tour crus ou tendres. Elle me demande de venir et je sens bien que son corps attend l’assaut final, une visite plus hardie et moins timide. 

De ma main libre je lui baisse son jean alors que mes doigts glissent en elle, tels deux spéléologues sans cartes ni boussoles en cette grotte inconnue, dans une progression qui se veut conquérante mais délicate. Elle gémit longuement alors que son corps s’arc-boute, s’ouvrant et s’offrant d’avantage à moi. 
Afin de mieux veiller au bon déroulement de l’exploration de mes deux spéléologues, je m’agenouille sur une de ses jambes ouvertes à moi et poursuis ma progression dans son ventre avec douceur. 

Yeux mi-clos, Clara soupire, geint, gémit, elle semble soulagée à mesure que mes doigts s’agitent en elle, son ventre ondule toujours. Ses mains crispées sur le drap-housse, elle semble vouloir s’accrocher à quelque chose alors qu’elle perd pied, que son corps chavire. 

Je la prends maintenant avec fougue, possédant avec ferveur son intimité, qui est rapidement parcourue par les frissons annonciateurs du plaisir. Ses mains s’accrochent à moi, je sens ses ongles s’agripper à ma peau comme pour éviter de basculer dans le vide. Excitée par ses griffes qui se plantent dans mon dos, j’intensifie ma présence dans son ventre alors que ma main libre s’attarde autour de sa toison dont je pars à la recherche d’un trésor qu’elle ne cache plus. Ses gémissements se font plus forts et longs, son corps est soudain secoué de spasmes, il est aux abois. Ses beaux yeux bleus sont grand ouverts quand le plaisir s’empare d’elle, elle me regarde fixement semblant ne pas comprendre ce qui lui arrive, dans un long gémissement rauque. Loin de m’arrêter là, je poursuis mon exploration fougueuse et son regard est rivé au mien fixement. Elle reste longuement figée ainsi bouche et yeux grands ouverts alors que je continue à la prendre de mes doigts. Mon corps à moi, parcouru par les milliers d’ondes lancinantes d’un désir impérieux est au bord de l’implosion ; et quand Clara est soudainement la proie d’un violent orgasme, je me sens envahie par le plaisir que je viens de lui procurer.

Il lui faut quelques minutes pour revenir à elle et à moi… Je la regarde refaire surface lentement. Cette femme m’émeut. Je ne suis pas amoureuse, non. Surement pas. Mais je sais qu’elle est plus qu’un coup d’un soir, plus qu’une aventure, ou qu’un plan Q. Je me connais, je ne suis plus du genre à m’émouvoir pour une histoire de fille banale. Elle est bouleversée et en est bouleversante. Je viens me coucher près d’elle et la prends dans mes bras où elle se niche sans hésitation, sans que je sache dans quel état d’esprit elle peut bien être à cet instant précis.

Je la câline avec douceur, en proie moi-même à mes propres hésitations. Mon désir ne m’a pas lâchée… Dois-je câliner Clara et passer outre ce désir ou bien dois-je lui laisser entendre qu’il serait de bon ton qu’elle réponde à mes caresses ? Je ne réfléchis pas longtemps car Clara s’est redressée et me fixe.

- C’était très… comment dire… ? Très fort…

Je ne réponds pas mais lui sourit, attendrie par ce regard encore troublé par le contact des méandres du plaisir.

- Je suppose qu’on te le dit souvent… et que pour toi, ça n’a plus aucun sens… mais pour moi c’est très fort… 

Alors là bravo, quelle image déplorable a-t-on pu lui donner de moi, ma réputation m’ayant visiblement précédée pour qu’elle pense un truc pareil ?! Je lui demande un peu vivement ce qu’elle croit, si elle me croit insensible au point de m’être contentée de la baiser sans la moindre émotion, avec une espèce de mécanique routinière. Elle rougit, gênée, alors que je la regarde intensément, attendant sa réponse.

- Mais non… juste… j’ai cru comprendre que… enfin…

Elle s’arrête en définitive et me fixe.

- Tu sais… moi aussi, j’ai envie de te donner du plaisir, j’en crève d’envie… Mais j’ai peur d’être nulle au regard de toutes ces lesbiennes expertes auprès desquelles tu t’es déjà abandonnée… !

- Alors ta peur de l’échec est plus forte que ton envie… ?

Elle hésite, ne sachant que répondre à ma provocation malicieuse, comme intimidée, incapable de savoir que faire.

- Crois-tu, Clara, que tous les corps de femmes soient les mêmes, que tous les mécanismes qui mènent au plaisir soient semblables et qu’il m’ait été facile de trouver comment te donner du plaisir pour la simple raison que j’ai déjà caressé d’autres filles avant… ? Moi aussi j’ai craint de n’être pas à la hauteur de ces hommes qui t’ont fait jouir…

Elle hésite toujours me regardant avec étonnement avant de soulever le drap pour dénuder ma poitrine sur laquelle elle vient écraser sa bouche pour mon plus grand délice. Sa bouche épouse mes seins, les agace, les embrasse, avec gourmandise. Pour autant, je la sens plus curieuse qu’avide, alors que ses mains sont allées chercher à éponger mon désir. Une fois sa main posée entre mes cuisses, je la sens hésitante et intimidée.

- Viens…

Sans conviction je sens ses doigts me caresser, alors, je l’exhorte, l’encourage, lui donne confiance alors qu’elle se donne du mal à me faire du bien. Déjà bien enflammée par le plaisir que je lui ai donné, il ne me faut pas longtemps pour succomber à ses caresses.

Le restant de la nuit nous le passerons à découvrir nos corps avec impudeur et délice. Clara se révélera bonne amante, frustrée dans sa libido par un mari qui ne voit plus en elle qu’une matrice maternelle et maternante. Moi, je me fous de ses enfants et ses entrailles, quand je les possède, ce n’est que pour le plaisir et la luxure, le bonheur de la posséder et de la combler…
Et « Sexual Healing » de Marvin Gaye accompagne la libération de toutes ces tensions sexuelles cumulées…

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