39 - Dimanche 28 avril 2013 – THE night

2013

Arrivées devant ma chambre, Manue s’arrête et se tourne vers moi, son regard brille. Et là, les papillons se déchainent dans mon ventre comme jamais ils ne l’avaient fait auparavant. Je la pousse contre la porte que je clenche en même temps et embrasse fougueusement Manue, en la bousculant vers l’intérieur. 

Nous nous embrassons avec fièvre contre la porte, nos mains se perdent sur nos corps, qui se cherchent, se soudent, ondulent l’un contre l’autre. Mes mains glissent sur son léger pull et empoignent doucement ses seins, provoquant chez Manue un long soupir. Que c’est bon de sentir son corps sous mes mains. Ses mains à elle commencent à me caresser mes épaules avec douceur, sa bouche vient s’écraser dans mon cou. Je retiens un gémissement, entendant encore au loin la musique. 

Sinead O’Connor me ramène à cette sombre époque de désespoir où je l’écoutais en boucle dans mon walkman en pleurant Manue. 2eme semestre 1990.  Je m’étais même rasé le crâne, comme Sinead et pour rompre avec mon ancienne vie. Je démarrais la fac avec un vague à l’âme permanent.

L’émotion m’étreint. Je serre Manue dans mes bras, j’ai besoin de la sentir tout fort contre moi, elle en fait autant et un intense chambardement me prend les tripes. Je pleure. On se serre l’une contre l’autre en se caressant, comme pour redécouvrir chaque centimètre carré de ce corps adoré qu’aucun autre n’a jamais remplacé. 

Je lui raconte mon manque d’elle, mes blessures, je n’ai pas de cicatrices à lui montrer, elles sont invisibles mais terriblement vivaces. Je lui pose sa main sur mon cœur.

-    Le 4 juillet 1990, mon cœur s’est arrêté de battre un instant et depuis il n’a plus jamais battu comme avant…

-    Le mien n’a plus jamais vibré vraiment, tu sais… Bien sûr j’ai eu des mecs… Oh pas des tonnes non plus… Avec Stéphane comme avec les autres ça n’a pas marché… je n’étais jamais vraiment amoureuse… Et pour en avoir fait des plans cul, encore aurait-il fallu y prendre facilement plaisir…

On finit par s’allonger dans mon lit qui nous attendait surement plus fougueuses. On se câline, se papouille. Manue me raconte une vie amoureuse complétement délaissée au profit de ses études, sa carrière, son entreprise. Se noyer dans le travail pour oublier le reste, ne pas trop s’appesantir avec un conjoint, trouver des prétextes à sa distance, ses absences et son incapacité à s’engager. Elle me parle de cet homme dont elle a partagé la vie 6 ans sans parvenir à s’y attacher vraiment. Elle me raconte le dégout qui est monté en elle jour après jour de jouer cette mascarade de couple avec lui et son départ que personne n’a compris, sauf lui… 

-    Moi c’était pas mieux tu sais… plan cul sur plan cul pour me prouver que j’étais en vie, et les rares histoires d’amour étaient vouées à l’échec… Genre le plan mort d’avance pour pas être déçue…

Manue me sourit de ce sourire doux qui me chavirait déjà à 16 ans.

-    Eh ben… on fait une belle brochette de love-looseuses toutes les deux… !

-    Séparées, oui… mais ensemble…

lit

 

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