13 - Vendredi 26 avril 2013 – Hurtebise sous la pluie / suite

Clara me considère avec étonnement, sa mâchoire est au bord de tomber alors que j’achève mon récit.

- Voilà… c’est à Elodie que je dois d’avoir pu avancer… un petit pas pour l’Homme mais une révolution pour moi ! 

- Wow… 

Le regard de Clara est tout trouble et moi je me sens rêveuse. Cette évocation m’est très agréable, cette première fois m’a laissé un doux souvenir. Comment pourrait-il en être autrement… ? J’ai eu beaucoup de chance, j’en suis consciente.
Clara me toise soudain avec perplexité.

- Et tu es sûre qu’elle ne verra pas d’objection à ce qu’on diffuse cette anecdote… ?

- Sinon, c’est qu’elle aurait beaucoup changé… Et puis c’est important ce qu’on a vécu… Ca n’était pas une histoire d’amour, loin de là… Juste une jolie aventure vécue avec amitié et tendresse, qui m’a ouvert de nouvelles perspectives, qui m’a révélée à moi-même… C’est une grosse étape dans mon chemin de vie…

- Mais sans Elodie, tu te serais quand même révélée à toi-même… non ?

- Oui… bien sûr… Mais combien de temps m’aurait-il fallu… ? Combien de temps aurais-je perdu ? Je suis sure que Elodie avait très bien compris ce que je vivais, mais elle est restée royalement discrète vis-à-vis de la bande. Elle m’a ouvert une voie dans laquelle je me suis illico précipitée… 

- Avec… ?

Des tonnes d’images envahissent mon cerveau, souvenirs doux ou douloureux dont je ne sais que faire. Je commence à flipper à l’idée de rencontrer et de voir se rencontrer toutes ces amies perdues de vue depuis tant de temps.

- J’appréhende certaines confrontations mais elles sont nécessaires.

- Avec… ?

Je reviens à la réalité du moment et aux interrogations de la curieuse Clara qui me sourit malicieusement. Et je lui rends son sourire. Elle est dans son truc et notamment la curiosité légitime de la journaliste qu’elle est, et moi dans mes doûtes, mes peurs de dernière minute.

- Joker !

Je me lève prestement afin de lui échapper et de retourner à mes souvenirs mais elle me rattrape par une question.

- Et… enfin, ça a duré vous deux, Elodie et toi… ?

- Oh non… ce n’était pas une histoire d’amour… vraiment… juste les quelques jours restant de ces vacances à Hardelot… une belle histoire de cul passagère entre deux copines… !

Les hormones, déjà un peu en ébullition, je la regarde lascive sur sa chaise, alors que les filles se préparent un énième café. Clara me fixe aussi avec un sourire étrange.

- Je vois très bien de quoi tu parles…

Son regard est de plus en plus chaud, sa voix plus suave, elle pince ses lèvres avec gourmandise en me souriant de ce sourire craquant qui m’avait séduite dès notre première entrevue.

- Tu n’avais pas des photos à me montrer… là-haut… ?

Des photos ? Non je ne vois pas le moins du monde de quoi elle me parle mais son regard en dit long et je comprends assez vite la stratégie de repli qu’elle met en œuvre pour nous isoler et l’offre est tentante. Ceci dit là-haut des photos j’en ai quelques-unes. Mais visiblement ce n’est pas le propos…

photos

Alors, avec un talent de comédienne époustouflant, je réunis toute ma nonchalance pour acquiescer sans trop faire montre de dynamisme et l’invite à me suivre. J’ignore si les filles sont dupes, mais je dois bien avouer que ça ne m’inquiète guère, j’ai d’autres chats à fouetter…

Je laisse Clara me précéder dans le grand escalier de bois, ce qui me vaut ce que Clémenceau, je crois, appelait le meilleur moment en amour : la montée de l’escalier…

Ces formes pleines de promesses m’engagent à ne surtout pas presser le pas, mais à prolonger ces préliminaires, quand l’allure de Clara, elle, se fait plus vive…
A peine arrivée à ma porte de chambre, elle s’empresse de l’ouvrir et en moins de temps qu’il ne m’en faut pour l’écrire, m’attire à elle, me plaquant contre la porte qui se referme sous le choc. Avec fougue, Clara vient à la rencontre de mon désir et alors que ses mains se perdent sur moi, je me surprends à penser à ce cliché d’étreintes aériennes, tendres à peine effleurées que l’on a longtemps et souvent prêté aux amours saphiques… Clara ne m’effleure pas, elle me touche, elle me prend, cela n’a rien d’aérien, c’est torride, c’est sensuel, c’est fougueux, c’est sauvage, animal. 

Oui, décidément, j’aime bien les histoires de cul entre copines… Air entame son « Playground Love » dans ma tête et je lâche prise…


Clara ne prend pas de plaisir qu’à m’en donner, elle m’attire à elle, dirige l’étreinte, me domine, me soumet à ses désirs. Elle se donne et me prend… Elle soupire, puis elle gémit son plaisir dans un total abandon et une totale inconscience du monde qui nous entoure. 

Je savoure cette intimité et cette complicité, sans engagement, comme le sont toutes mes aventures depuis bien longtemps, incapable de m’amarrer à aucun port. Incapable de poser mes valises ni de laisser qui que ce soit s’installer dans mon antre.

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