12 - Mercredi 13 juillet 1989 – Feu d’artifice à Hurtebise

Contrainte de suivre ma mère à Hardelot pour quinze jours, j’ai réussi à obtenir le droit d’amener une copine, et c’est Elodie qui m’a accompagnée. Elle n’était encore jamais venue à Hardelot, j’y suis beaucoup venue avec Manue qui, là, était partie en vacances en famille de son côté. Elodie, ne part jamais en vacances… Sa mère est seule pour élever trois enfants et ce n’est pas facile. Elodie n’irait pas au cinéma ou au troquet si je n’avais pas créé un « fond de réserve » pour la bande à laquelle on cotise tous les mois à hauteur de 10% de notre argent de poche et qui sert aux moins pourvus… Oui, il ne sert qu’à Elodie, en fait… Mais personne n’en dit rien. C’était notre façon de ne pas la mettre dans l’embarras en lui permettant de faire les mêmes choses que nous ! 

Ça fait quelques jours qu’on se trimballe en famille : à la plage, en pique-nique et je commence sérieusement à saturer, alors le feu d’artifice et le bal : là, non ! Ça c’était juste pas possible ! Ma mère a eu la délicatesse de ne pas insister, alors Elodie et moi nous retrouvons dans ma chambre sans trop savoir comment nous occuper et puis de fil en aiguille je suis retombée sur ma caisse de vieux magazines où trônent quelques « Salut » et des « Podium » des étés passés.
 

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- Waouh !!! Des Podium ! La rubrique du Docteur Podium !

Alors que nous écoutons mon walkman ensemble en partageant les écouteurs toutes deux, Elodie s’est attaquée au premier de la pile et entreprend de me faire la lecture des questions-réponses de la rubrique, alors que la voix suave de Sharleen m’entraine avec elle et son « I don’t want a lover »… dommage… !

- « Mon petit Docteur Podium, voilà j’ai 14 ans et j’ai très peu de poils là où tu sais. Par contre à la piscine, je vois bien que des filles de ma classe ont des poils qui dépassent du maillot, la chance ! Moi j’ai la honte, on dirait un bébé… comment faire pour qu’ils poussent… je n’oserais jamais coucher avec un garçon sinon… ! »
Nous éclatons de rire toutes les deux, sans commenter. Non mais franchement, réclamer des poils alors qu’ensuite elle fera tout pour s’en débarrasser ! Elodie poursuit.
- « Cher Docteur Podium, j’ai 15 ans et je suis encore vierge. »

- Comme si c’était une tare !

- Oh ! C’est parce qu’à 16 ans t’es toujours pucelle que tu dis ça !!!

- Ouais ! Et alors… ?!

- Bon, passons… Donc… « j’ai 15 ans et je suis encore vierge, mais tous les soirs je me caresse et me frotte sur mon traversin en imaginant que c’est un garçon… est-ce mal ? Ma copine, Isabelle, dit que oui, que ça ne se fait pas ! »

- Mais n’importe quoi, sa copine Isabelle ! Qu’est-ce que ça aurait de mal ?!

Elodie me toise avec malice, visiblement amusée par ma spontanéité.

- A ce que je vois, mademoiselle Gaëlle se tripote aussi tous les soirs... !

Ça me vaut un des plus mémorables fards de ma jeune vie, prise en flagrant délit d’activité masturbatrice que je suis, mais bon, je ne me décourage pas, j’assume bien ma virginité je peux aussi assumer ma masturbation.

- Et alors ?! Me dis pas que tu le fais pas, toi ?!

- Oui mais moi, tout le monde sait que je suis une dévergondée ! Ça n’étonnerait personne de l’apprendre… En revanche, toi… Toi, Gaëlle, la sage…

Je l’interromps, agacée par cette réputation qui ne me convient pas du tout et qui me correspond si peu à moi qui connais les tréfonds de mon âme, je le lui dis avec ferveur que non, je ne suis pas sage, qu’ils seraient tous surpris s’ils savaient ! Du tac au tac, Elodie me demande ce qu’on devrait savoir.
Sa question et son regard inquisiteur me stoppent tout net, mon fard réapparaît. Et merde, j’ai encore parlé trop vite. Je connais Elodie, elle ne lâchera pas !

- Qu’y-a-t-il donc à savoir de Gaëlle Béranger ? Que nous caches-tu, toi à qui l’on ne connaît aucun mec ? Tu t’es tapé qui ? Un vieux ? Un mec marié ? Un cousin ? Non… une fille… ? C’est ça… ? Moi, je suis sûre que c’est ça…

- J’ai pas envie d’en dire plus… mais je ne suis pas sage ! Et j’en ai marre qu’on le pense ! Et je te le prouve quand tu veux !

Elodie sourit avec malice, décidée à me prendre au mot… Visiblement, j’ai encore une fois parlé trop vite !

- Ok… Si tu me prouves que tu n’es pas sage, plus jamais je ne laisserai personne dire que tu es sage et coincée… Ok ?

Elle me tape dans la main. Le marché est ainsi conclu et je sens l’adrénaline monter, inquiète mais impatiente aussi que je suis de savoir quel défi elle va me lancer et surtout de savoir si je serai capable de le relever…

- Donc, Gaëlle, puisque tu n’es pas une fille sage, tu vas réaliser avec moi quelque chose qui m’attire depuis longtemps mais que je n’ai pas encore pu tester…

Je suis de plus en plus inquiète et Elodie le remarque, elle passe sa main sur ma joue avec tendresse et me fixe.

- N’ai pas peur… 
Dis-moi, Gaëlle… tu n’as donc jamais couché avec un mec ?

- Non… tu le sais bien…

- Et avec une fille… ?

Là, ce n’est même plus un fard, je suis un phare rouge luminescent au beau milieu de la chambre à en juger par la chaleur qui m’embrase les joues.

- Mais… non… !

- Alors… ça sera une première fois pour nous deux… Puisque tu n’es pas sage, Gaëlle, tu ne vois aucun inconvénient à tenter cette aventure ensemble… ?

Mon cœur s’est mis à battre la chamade alors qu’Elodie attire mon visage à elle pour me voler le plus doux et tendre baiser qu’on ne m’ait encore jamais donné. Sa langue s’est mêlée à la mienne avec douceur et c’est très agréable bien que je réprouve totalement l’idée de rouler une pelle à une copine. Mais, il faut avouer qu’Elodie est très persuasive et qu’il m’est difficile d’une part de ne pas relever le défi et d’autre part, ne soyons pas hypocrite, de ne pas me laisser gagner par la fièvre qui monte… Depuis combien de temps, je m’endors en imaginant une telle scène ? Combien de séances de masturbation avec pour seules images dans la tête des corps de femmes qui me possèdent et que je caresse… ? Sharleen a quitté mon tympan, les écouteurs sont tombés je n’entends plus que le ronron du walkman.

La bouche d’Elodie quitte la mienne pour y revenir, encore et encore, et quand elle s’éloigne, je la cherche, la reprends à mon tour jusqu’à croiser son regard embrumé, un regard qui me transperce et me trouble au plus haut point, libérant toutes ces images, toutes ces envies réprimées, ces gestes interdits, ces désirs censurés…
Mes mains s’enhardissent sur son corps, l’explorent, le découvrent, en commençant par ses jolis seins bien ronds dont la nature l’a généreusement pourvue. Elodie soupire, m’encourage, me dit que c’est bon, elle m’aide en retirant son tee-shirt pour mieux libérer nos mouvements. Ma bouche s’écrase contre ses seins que j’embrasse avec dévotion, avant de les titiller de ma langue. Elodie perd ses mains dans mes cheveux en gémissant.

- Déshabille-toi !

Je m’exécute à cette supplique lancée comme un ordre, me débarrasse à mon tour de mon tee-shirt, permettant à Elodie de me rendre mes caresses, de s’emparer de mes seins, me plongeant alors dans un état second. Et sans aucune retenue, sans aucune pudeur, nous nous donnons l’une à l’autre, nous caressant mutuellement comme nous le faisions chacune de notre côté depuis des soirs, le plus discrètement du monde. Là, on n’a plus à l’être et les soupirs et les gémissements chauffent l’ambiance, je ressens du désir comme jamais, le corps d’Elodie m’électrise tant il est doux, voluptueux, bon à embrasser et à caresser. C’est la première fois que je caresse une fille et qu’est-ce que c’est bon ! Nous sommes si excitées l’une et l’autre qu’il ne nous faut pas longtemps pour jouir. 

Ses mains sur ma peau sont une bénédiction : je me sens en vie ! La révélation est violente : je comprends cette nuit-là qu’il m’est désormais impossible de revenir en arrière ! Il y a un avant et un après cette nuit… je l’ai eu mon feu d’artifice… Je l’ai vécue ma révolution…

artifice

Et c’est naturellement que les Korgis s’emparent de cet instant d’après avec « Everybody's got to learn sometime » 

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